Que mange-t-on en octobre près de Nantes ?
Courges, poireaux, mâche nantaise, pommes et coings : le calendrier de saison d'octobre en Loire-Atlantique, trois idées toutes simples, et ce que « de saison » veut vraiment dire.
Chaque mois, on vous raconte ce qui pousse près de Nantes et ce qu’on peut en faire sans y passer la soirée. Octobre ouvre le bal : c’est le mois où l’été range ses affaires et où l’automne pose les siennes sur la table.
Ce qui arrive dans les champs en octobre
En Loire-Atlantique, octobre est un mois généreux. Les dernières récoltes d’été croisent les premières d’automne, et le panier change de couleur : moins de rouge, plus d’orange et de vert profond.
Côté légumes :
- Les courges, dans tous leurs formats : potimarron, butternut, potiron. Elles se gardent des semaines, ce sont les légumes les plus patients du panier.
- Les poireaux, qui font leur grand retour et ne repartiront pas avant le printemps.
- Les choux : chou vert, chou rouge, chou-fleur, brocoli selon les fermes.
- Les carottes et les betteraves, bien sucrées après les premières fraîcheurs.
- Les épinards d’automne, plus tendres que ceux du printemps.
- La mâche nantaise, dont on reparle juste après.
- Le radis noir, un peu piquant, très croquant.
Côté fruits :
- Les pommes et les poires, en pleine saison, avec des variétés qu’on ne trouve pas partout.
- Les coings, qu’on ne mange pas crus mais qui parfument tout ce qu’ils touchent.
- Le raisin, en toute fin de saison, quand il en reste.
- Les noix fraîches, qui arrivent en octobre et se gardent tout l’hiver.
La mâche, une affaire nantaise
Si vous habitez ici depuis longtemps, vous le savez déjà : la mâche nantaise bénéficie d’une indication géographique protégée. Les sols sablonneux du sud de la Loire, le climat doux, l’humidité de l’estuaire : tout lui convient.
La mâche pousse sous abri léger et se récolte par petites rosettes. Elle arrive en octobre et accompagne tout l’hiver. Dans le panier, elle est souvent la seule verdure crue du mois, et elle se mange dans la journée ou le lendemain : c’est une salade pressée.
Petit conseil : ne la noyez pas. Un filet d’huile de noix, quelques noix cassées du même panier, et c’est fini.
Trois idées pour ne pas se poser de questions
Pas de pesée, pas de minuteur. Des gestes.
La courge rôtie qui fait tout
Coupez la courge en quartiers (le potimarron ne s’épluche même pas). Un peu d’huile, du sel, du poivre, au four bien chaud jusqu’à ce que les bords caramélisent. Ça se mange tel quel, écrasé en purée, ou mixé avec un peu d’eau chaude pour une soupe en trois minutes. Le lendemain, les restes vont dans une salade de mâche.
Le poireau fondant à la poêle
Émincez les poireaux, blanc et vert tendre. Faites-les fondre doucement dans une poêle avec une noix de beurre, un couvercle et un peu de patience. Quand ils sont souples et sucrés, ajoutez une cuillère de crème ou de moutarde, et servez avec un œuf au plat ou des pâtes. Ça fait un dîner de semaine sans y penser.
Les pommes et le coing au four
Coupez les pommes en deux, retirez le cœur. Ajoutez un coing coupé en quartiers, une cuillère de miel ou de sucre, un peu d’eau au fond du plat. Enfournez jusqu’à ce que tout soit fondant. Le coing donne son parfum aux pommes, et la cuisine sent bon pendant deux jours. Tiède avec un yaourt, c’est un dessert. Froid au petit-déjeuner, c’est une compote qui ne dit pas son nom.
« De saison », ça veut dire quoi chez un producteur d’ici ?
On lit « de saison » un peu partout, y compris sur des étals où rien n’a poussé à moins de mille kilomètres. Chez un producteur situé à moins de 50 km de Nantes, ça veut dire quelque chose de très concret : ce qui est dans le panier a été récolté cette semaine, dans un champ ou sous un abri à quelques dizaines de minutes de votre bureau.
Ça a deux conséquences. La première, c’est le goût : une carotte arrachée la veille n’a pas le même caractère qu’une carotte qui a voyagé une semaine. La seconde, c’est que le producteur ne décide pas tout seul. La météo décide aussi. Une semaine de pluie retarde la mâche, une gelée précoce avance les choux. Le panier suit.
Une phrase honnête pour finir
La liste ci-dessus est un calendrier, pas une promesse. La composition exacte de votre panier est annoncée chaque semaine dans votre espace salarié, et elle dépend des récoltes de votre producteur. Il se peut qu’en octobre vous ayez trois courges et pas de coing, ou l’inverse. C’est le jeu de la saison, et c’est aussi ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais en cuisine.
Rendez-vous début novembre pour la suite du calendrier. D’ici là, si une question vous trotte dans la tête sur le fonctionnement des paniers, la FAQ est là pour ça.